mercredi 30 août 2023

le trente aout deux mille vingt trois

 Fanny,

J'écris parce que je me sens lourde de plein de chose.

Je t'ai dit que j'avais besoin de respiration dernièrement. J'ai l'impression que tu l'as entendu, que tu essayes d'être moins intense et pourtant je ressens encore ça comme du "beaucoup". Comme si tu ne me laissais même pas le temps de te demander pour qu'on se voit, de me laisser le temps d'en avoir envie. 

Je crois que c'est parce que j'ai besoin de te parler de ma colère que je n'ai pas nommé avec toi.

Pendant le moment avec Emeline, tu as été celle qui m'a jugée. Qui m'a rabaissée. Puis, tu m'as rappelé pour me dire "sois une tante pour ta nièce" et tu m'as dit "fais la plante verte à Disneyland". Et je n'avais pas assez de force pour dire quoi que ce soit à ce moment-là. Pour dire à quel point ça m'a fait mal. Tu avais le droit de couper les ponts, de prendre de la distance. Mais tu l'as fait sans essayer de comprendre la folie qui m'a habité. Juste en jugeant. Et on en a jamais reparlé. Et même après coup, je n'arrive pas à me dire que tout ça a été sain. Que tout ça m'a aidé ou fait avancer. Ca m'a juste fait du mal. 

Et là, tu ne vas pas bien. Et c'est comme si je devais être là de manière inconditionnelle. Comme si je devais être ta soeur dans le quotidien, se voir toutes les semaines. Et j'ai l'impression que c'est trop pour moi. Que je n'y arrive pas. Je ne sais pas exactement ce que ça veut dire : je ressens comme de l'injustice, alors qu'il ne s'agit pas du tout de la même situation. 

En disant tout ça, je ne veux pas minimiser ce qu'il s'est passé avec Emeline : j'ai encore du mal à avancer par rapport à ça, à assumer. Et je comprends la colère que ça a du déclencher chez toi. Mais je dois aussi accepter la colère, la douleur  que tes messages ont déclenché chez moi, et celle-là je ne l'ai jamais vraiment nommé. 

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