Eme,
Je t'écris ici pour m'empêcher de t'écrire vraiment.
J'ai envie de te parler. De te partager le fait que j'ai pris un coup de soleil à la gare d'eau cet après-midi. Te dire qu'en ce moment c'est étrangement léger et lourd à la fois. Léger car je sors beaucoup voir les copains, je bois beaucoup pour éviter de penser. Et Lourd car tu reviens toujours dans ma tête.
Il y a eu la passion. Le déni.
Puis la colère. La raison.
Les actes. La lettre.
Et moi là maintenant, avec mes sentiments pour toi en pleine gueule. Mon envie de savoir si ton opération s'est bien passée. Mon envie de te dire : tu n'es pas un monstre mais tu as fait des actes monstrueux. Mon envie de détruire cette solution saine qui nécessite de ne plus te voir. Envie que les barrières soient plus floues. Que je puisse continuer à faire des trajets avec toi en voiture, en moto. D'organiser les anniversaires. Envie de retourner dans le déni.
Je ne sais pas ce qu'il me manque. Toi. Ou si c'est l'envie de l'inaccessible amour que nous n'avons même pas commencé.
J'ai envie soudainement de prendre soin de toi.
Mais la grande soeur en moi est toujours là.
Il y a une part en moi qui ne peut pas pardonner.
Et une autre qui t'aime énormément.
C'est compliqué.
Rien de bon ne peut advenir de mes sentiments pour toi. Je t'aime avec nostalgie de quelque chose qui n'a même pas pu se produire. Tout était dans les mots, dans le corps, un instant, puis plus rien. Puis la rapidité de la chute. Comment vas-tu en ce moment ? Tu n'es pas n'importe qui. Tu n'es pas l'autre qui a abusé de ma petite soeur. Tu es bien plus et c'est compliqué de gérer ça.
Je suis immensément bien entourée. J'ai tellement de chance.
Je veux t'écrire sans conséquence. Mais il y aura des conséquences. Et ça te fera mal. Et à moi aussi.
C'est difficile d'être honnête avec soi en ce moment. Car je suis double.
J'espère que le temps calmera tout ça. J'espère que le temps prendra soin de toi.
Je t'aime et je ne te pardonne pas.
Lucie
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