Eme,
je viens d'avoir un orgasme toute seule
enfin je n'arrive jamais à savoir si je peux parler d'orgasme ou pas
mais c'est monté très très haut
j'ai pensé à toi
dans ma chambre
et les draps à carreaux jaune
enfin non
j'ai pensé à toi
mais de manière imprécise
comme des petits flashs
par-ci par-là
c'est moi là, en mettant des mots
qui transforment
j'écoute l'album de julien doré - bichon
quand je me fais du bien
j'arrive à me concentrer uniquement sur mon désir
et à ne pas penser aux yeux au-dessus de la tête
qui me regardent et qui me jugent
j'écoute maintenant me faire la belle - dooz kawa
je t'écris t'écris
et je n'ai même pas dédaigné à répondre à ton message
qui prône la légèreté et l'énergie
aujourd'hui j'ai bossé le mémoire
comme JAMAIS
la flamme de la recherche est revenue
comme par magie
près de mes deux garde-du-corps-garde-de-la-vie
Léa et Sophie me font tant de bien.
toi toi ta bière doit être finie
toi toi qui doit être sur Besançon de temps en temps
tous les jours ?
Fanny m'a tuée lundi.
Harold lui a écrit un message pour remettre un peu tout ça dans son contexte.
Harold, le gardien de ma santé mentale.
J'ai vraiment cru que j'allais mourir.
et pourtant, dès que je me disais : il n'y a aucune autre solution que la mort, Lucie
je me l'interdisais directement.
de manière très sincère
parce que ça fera plus de mal que de bien autour de moi
et parce que j'ai bien trop foi, peut-être même malgré moi, en la vie
ce serait trop dommage de mourir maintenant
alors que je suis sur le point de comprendre pourquoi j'ai tant voulu mourir dans le passé
je le sens au fond de moi
des choses se débloquent
ma sexualité me questionne, mais elle se débloque
la preuve : j'arrive à avoir du plaisir pour moi-même
par contre je bois beaucoup
ce n'est rien d'alarmant car je sais que c'est une période
et que si ça me fait peur, je demanderais de l'aide
et c'est tout
j'ai foi en la vie
et c'est terrifiant à quel point !
à vrai dire, tu ne me manques pas
je sais que j'y arrive
je sais que si je tends la main
une autre la prendra
je sais que c'est difficile de dire adieu
mais que la douleur est saine
puisque tu étais importante
mais tu ne me manques pas
c'est l'idée de ne plus te voir
de ne plus mélanger nos vies ensembles
qui est si triste si triste
on aimerait garder les gens tout autour de nous toujours
quand bien même ça fait mal
quand bien même c'est "glauque" comme dirait mon psy
c'est là-dessus qu'il faut que je travaille je le sens
je veux rester garder les gens que j'aime et que j'ai aimé à tout prix tout près de moi
quand bien même c'est terrible quand bien même c'est le malheur
c'est ça, l'amour, que je me dis
comme un truc qu'on ne peut pas décider
ce qui est vrai en soi : les sentiments, on ne décide pas
on en est la preuve toutes les deux
par contre on peut décider ce qu'on en fait
et ça, ça fait toute la différente
l'amour ne doit pas être sacrifice
l'amour ne doit pas être une contrainte
l'amour peut faire mal à des moments
mais l'amour ne doit pas être douloureux au quotidien
je ne sais pas d'où me vient ce sentiment
peut-être parce que Moune est restée avec Papa ?
quand bien même elle avait toutes les raisons du monde de partir
rester c'était accepter l'autre dans toute son horreur
quand bien même le petit moi de Moune devait lui dire : ce n'est pas normal
mais elle se disait : je le mérite
mais non.
chacun mérite le mieux pour soi
et puis en plus
partir, ce n'est pas forcément dire : tu es une mauvaise personne, toi que je quitte
mais plutôt : notre relation est mauvaise pour moi, c'est elle que je quitte, et donc toi avec je suis désolée
moi, je faisais ça. moi je disais : je reste.
j'ai eu de la chance : je suis tombée sur des bonnes personnes.
mais les relations avec ces bonnes personnes ne m'allaient pas.
je relis ce que j'ai écrit sur Adrien, mon premier amour, et je me rends compte à quel point
j'étais malheureuse
dès le début
le tout début
je n'avais pas confiance en son amour
j'avais l'impression qu'il allait partir du jour au lendemain
alors quand il était là, ça allait
et quand il partait, je partais de moi-même
est-ce que c'est ça l'explication ?
c'est tellement complexe
et je me relis tellement
j'y découvre de nouvelles choses à chaque fois
et je me rends compte, qu'en fait non, j'avais déjà compris
et j'en avais déjà même parlé dans mes textes
mais je me dis que certainement que je m'approche de ma propre vérité
j'espère
je ne sais pas si je te parle à toi
ou si je me parle à moi
pour plus tard
c'est difficile d'écrire quand on ne sait pas à qui on s'adresse
et en même temps non
j'ai toujours écrit pour moi-même
Eme, Eme, Eme
que faire de notre amour ?
est-ce que notre amour a existé pour te permettre de partir sans trop de dommage ?
avec quelqu'un qui t'aime ?
est-ce que notre amour t'a protégée ?
est-ce que s'il n'y avait pas eu tout ça, on aurait pu vivre quelque chose de sain ?
si mon coeur n'avait pas déjà été pris
si ton coeur n'avait pas déjà été pris
si nous étions différentes
dans une autre vie
est-ce que notre amour aurait pu vivre ?
avec l'insouciance qu'il mérite ?
si la Lucie que je suis a pu relire ces textes sur Gillian
si la Lucie que je suis peut penser à Adrien sans souffrir une seule seconde
alors j'oublierais cet amour que j'ai pour toi
même Clément, j'ai pu m'en défaire
alors je peux me défaire de n'importe qui
j'ai déjà souffert d'amour
et pourtant on ne sait jamais vraiment comment ça marche
et je crois que je recherche la souffrance
car on peut dire : c'est important
si on passe, comme ça, du jour au lendemain, à autre chose
est-ce que c'était important ?
est-ce que l'amour qui part nécessite la souffrance ?
je ne crois pas
avec Benjamin, je suis partie parce que je souffrais
et en partant, j'ai soufflé
expulsé toute la souffrance
pour être enfin UNE
mais ça a nécessité de la souffrance
pour en arriver à ce souffle
est-ce que l'amour qui part nécessite la souffrance ?
est-ce que je peux te laisser, sans regret, sans rancœur ?
est-ce que c'est possible, là, tout de suite ?
est-ce que je vais rester moi ?
est-ce qu'une nouvelle Lucie va naître ?
je suis sans cesse mouvante
sans cesse une Lucie de plus en plus forte
de plus en plus dans le vrai
et c'est pour ça, que j'ai foi en la vie
et aucun amour
aucune souffrance
ne devra plus jamais m'enlever ça
jamais
et notre amour ne m'enlevera jamais ça
jamais
prenons ça comme une force : nous sommes capables d'aimer
avec la complexité la plus farouche
avec la dualité du corps et de la tête
qui rappelle le combat de la petite flamme de la vie
contre l'envie que ça s'arrête tout de suite maintenant sans aucun scrupule
tout va aller bien
mais ce sera différent
car le passé est fini
fini l'enfance
fini les secrets
fini fini fini
enfance empoisonnée
alors heureusement que ce sera différent
(tu vois je ne t'écris pas à toi, mais bel et bien à moi
et je bois du gewurtz)
je fais ma propre psychanalyse et te parler ici me contient un peu
même si j'avoue
je n'ai pas forcément envie de t'écrire
c'est bizarre
je crois que je me suis fait une raison
et je m'étonne encore
je ne vais pas vers la mort
je grandis
c'est effrayant
je me dis : la vie sera moins passionnelle
mais surtout : la vie sera moins malsaine
alors on fait des choix pour l'avenir
l'écolo de soi-même
de son futur
on voit plus large
on ne pense pas qu'au maintenant qui ne s'arrête jamais
la douleur s'en va avec du vin
avec des mangas
un ukulélé
c'est comme la cigarette :
apparemment l'envie de fumer s'en va au bout de quelques minutes
pourtant sur le moment, on a l'impression que ça durera toute la vie
(je pense qu'après mon mémoire je vais arrêter de fumer)
Je t'aime encore.
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